samedi 21 janvier 2017

Une seconde avant Noël, Romain Sardou

Une seconde avant Noël
Romain Sardou

Genre : Conte
Edition : Pocket
Prix payé : 16€
Pages : 281
Lu du 14 au 21 Janvier 2017
Ma note : 4/5

1851. A Cokecuttle, une cité industrielle anglaise, le petit Harold survit péniblement, vivant sous les ponts et ramonant des cheminées. Et pourtant... Harold ignore qu’il est promis à un destin fantastique. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé de lutins, d’arbres magiques et de rennes volants. D’extraordinaires voyages l’y attendent. Il est appelé à devenir un personnage que nous connaissons tous très bien : à la longue barbe blanche et au costume rouge éclatant...

Ce petit orphelin est le Père Noël avant qu’il devienne le Père Noël !

Au travers de mille péripéties joyeuses, nous allons assister avec lui à son premier Noël, à sa toute première distribution de cadeaux. Une seconde avant Noël, la question reste posée : le père Noël débutant parviendra-t-il à livrer les jouets aux enfants ? Redonnera-t-il enfin aux hommes le goût de l’impossible et du merveilleux ?




Ayant choisi le menu "La magie de Noël" pour le Cold Winter Challenge, je voulais lire ce conte justement durant la période de Noël, pour être totalement dans l'ambiance. Malheureusement, ce livre n'étant plus édité j'ai perdu mon temps à le chercher en librairie, je l'ai donc commandé sur internet et j'ai même mis de côté une autre lecture pour pouvoir le commencer dès que je l'ai reçu ! 
Au final, même si je l'ai lu durant le mois de Janvier (de plus, mon sapin était défait ! ), cela n'a altéré en rien la magie de Noël de ce conte.

Le livre débute à Cokecuttle, Angleterre, en 1851. Cokecuttle est une ville assez particulière. Avant, c'était un village de pêcheur où la nature était largement présente. Maintenant, c'est devenue une citée industrielle. Le récit est ponctué de mots relatifs au froid, à la grisaille, à la pauvreté. Car c'est comme cela qu'est représentée cette ville. Les nombreuses usines ont recouvert la nature, les fumées qui s'en échappent encercle la ville d'un gigantesque nuage gris et où le ciel n'est jamais bleu. Nous n'allons pas suivre le quotidien des adultes, mais nous pouvons imaginer que les habitants travaillent pour la majorité dans les usines, payés une misère et ne voyant jamais le jour. Mais nous connaissons la vie des enfants : rares sont ceux qui vont à l'école et rares sont ceux qui ont une famille. Pour survivre, ils trient les poubelles, font la chasse au rat pour la mairie, confectionnent des bouteilles, pataugent pieds nus dans la boue et la pisse à la recherche d'objets à vendre.
C'est de cette manière que nous allons rencontrer notre petit Harold Gui âgé de 9 ans. Lui aussi cherche du travail et tente d'être recruté en tant que ramoneur. Il est orphelin et vie sous un pont avec Le Falou, un gentil homme qui a pris Harold sous son aile alors qu'il venait de fuguer de l'orphelinat de la ville. Non pas que Harold soit un dur à cuire, au contraire, c'est la tendresse et la gentillesse incarnée. Mais l'orphelinat ne peut même pas être appelé ainsi tellement les enfants y sont maltraités. 
Nous comprenons rapidement que Le Falou est une personne très précieuse. Même si ils sont sans abris, il s'occupe de Harold comme son fils. Il est très instruit et lui apprend à lire, à compter et à rêver. Car rêver est le seul moyen de fuir l'enfer noir de Cukecuttle à cette époque. 

L'auteur tourne son récit à la troisième personne en parlant de Harold. Ainsi qu'à la deuxième en employant le "tu" car il fait entrer le lecteur dans son livre en lui parlant directement et, en lui demandant de s'imaginer telle ou telle chose. Le point de vue externe a fait que j'avais l'impression de me tenir en dessus de l'intrigue en ayant une vue globale sur ce qui se passait. Comme si j'avais une caméra et que je filmais. De plus, le lecteur est vraiment le complice de l'auteur. Car comme dans La véritable histoire de Noël, de Marko Leino, Harold n'a pas la vie facile. Depuis son jeune âge il a déjà eu son lot de malheurs et va en vivre d'autre dans ce conte. Mais nous savons que c'est pour une bonne raison, que tout ce qui se passe n'est pas le fruit du hasard et que la malchance qui s'acharne sur ce petit garçon est nécessaire pour qu'il puisse se rapprocher petit à petit de son incroyable destin.

D'ailleurs, son destin commence à la moitié du livre. Donc les 150 premières pages sont un peu longues à lire, mais quand j'y repense, cela n'a pas été dérangeant. Je me demandais vraiment comment l'auteur allait réussir à inclure la magie dans ce récit. Cela c'est fait naturellement, comme si le monde des lutins, des anges et cerfs volants est normal pour nous. Pas pour Harold, lui a eu du mal à y croire. Car pour l'heure,  à 9 ans, il a perdu sa joie de vivre, sa curiosité, ses instincts d'enfant.
De plus, alors qu'on aurait pu se croire coincés à Cokecuttle, dans cette ville étouffante et grise, on va voyager. De l'Angleterre nous suivons Harold en Ecosse, puis au Pôle Nord. Et bien sûre, du monde des humains au monde des lutins. 

En conclusion, je n'ai pas été déçue de ce conte ! Moi qui adore ce genre, cette lecture fut un véritable plaisir. La plume de Romain Sardou est aussi très belle. Ce livre est fait aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Je le conseillerai même aux adultes qui ont perdu leur âme d'enfant, tellement le récit a une bonne morale.

"Resté seul, le garçon médita avec un peu de mélancolie. C'était étrange comme un simple son ou une simple odeur pouvait vous ramener loin en arrière, faire renaître des personnes disparues, les rendre proches, comme si elles étaient en face de vous."
P. 260


Cold Winter Challenge











Et si vous essayez ?







2 commentaires:

  1. Je regrette de ne pas l'avoir lu ce noël, il est dans ma PAL en plus mais il ne me tentait plus. Mais tu m'as redonné envie donc je me le garde pour la fin de l'année :)

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    1. Quand on a pas envie il ne faut pas se forcer ;) J'espère que tu trouveras l'envie de le lire pour Noël prochain :) Merci de ton passage !

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